{"id":220,"date":"2013-03-04T05:28:31","date_gmt":"2013-03-04T04:28:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laurentpernot.net\/fr\/?page_id=220"},"modified":"2026-03-30T18:02:16","modified_gmt":"2026-03-30T17:02:16","slug":"textes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/textes\/","title":{"rendered":"TEXTE"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 la photographie \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Paris VIII puis le cin\u00e9ma et la vid\u00e9o au Fresnoy studio national des arts contemporains \u00e0 Tourcoing, Laurent Pernot d\u00e9veloppe depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es une d\u00e9marche artistique qui m\u00eale l\u2019installation, la sculpture, la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9criture et plus r\u00e9cemment, la peinture.<\/p>\n<p>Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 des sujets qui transcendent les \u00e2ges et les fronti\u00e8res, tels que le temps, la m\u00e9moire, l\u2019amour et la mortalit\u00e9, avec une attention particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019impermanence et \u00e0 notre relation \u00e0 la nature. Sa d\u00e9marche s&#8217;articule souvent autour de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la litt\u00e9rature, \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e0 la philosophie, faisant parfois \u00e9cho \u00e0 des lieux sp\u00e9cifiques ou des personnalit\u00e9s historiques (Hannah Arendt, Roland Barthes, L\u00e9on Blum, Eug\u00e8ne Delacroix, \u00c9milie Dickinson, Fran\u00e7oise H\u00e9ritier, Friedrich H\u00f6lderlin, Novalis ou Fernando Pessoa).<\/p>\n<p>R\u00e9flexives ou m\u00e9ditatives, discr\u00e8tes ou monumentales, Laurent Pernot r\u00e9alise des \u0153uvres qui impliquent une dimension de contemplation, dans un temps hors du temps, jouant parfois avec les apparences et les illusions. Conjuguant la fragilit\u00e9 \u00e0 la beaut\u00e9, l\u2019amour \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9, la trace \u00e0 l\u2019oubli, ou encore la po\u00e9sie \u00e0 la m\u00e9lancolie, il cherche \u00e0 susciter des exp\u00e9riences de pens\u00e9e sur ce qui nous relie chacun \u00e0 la grande histoire et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 ce que nous d\u00e9signons par nature.<\/p>\n<p>Ses \u0153uvres ont notamment \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 la Fondation Miro \u00e0 Barcelone, \u00e0 la Sketch Gallery \u00e0 Londres, au Long Museum \u00e0 Shanghai, au MMOMA \u00e0 Moscou, au Mus\u00e9e Alvar Aalto en Finlande, \u00e0 l&#8217;Ambassade de France \u00e0 New Delhi, au MUBE \u00e0 S\u00e3o Paulo, \u00e0 l&#8217;Espace Culturel Louis Vuitton en France, au Palais de Tokyo, \u00e0 la Maison Rouge, au Centre Georges Pompidou, au Mus\u00e9e Delacroix, au MAC-VAL, au Domaine Pommery, \u00e0 Voyage \u00e0 Nantes, \u00e0 l&#8217;ICA Villeurbanne, au LAM Villeneuve-d&#8217;Ascq, au Ch\u00e2teau Toulouse-Lautrec, au Domaine National de Saint-Cloud et \u00e0 Saint Laurent Rive Droite \u00e0 Paris et Los Angeles. Il a collabor\u00e9 avec Jean-Paul Gaultier ainsi qu&#8217;avec plusieurs metteurs en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphes, et il a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par le Mus\u00e9e du Louvre-Lens pour la direction artistique et la sc\u00e9nographie d&#8217;une exposition consacr\u00e9e au paysage. Il a re\u00e7u plusieurs commandes pour des \u0153uvres permanentes dans des espaces publics et a \u00e9t\u00e9 laur\u00e9at du prix SAM pour l&#8217;art contemporain en 2010. Ses \u0153uvres sont pr\u00e9sentes dans des mus\u00e9es, des fondations et des collections \u00e0 travers le monde. Il est repr\u00e9sent\u00e9 par la galerie Marguo \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Aucun homme n&#8217;est ma\u00eetre du vent, chacun tient sa voile comme il peut. <\/em>Laurent Pernot<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Qu\u2019ils sont grands les orages que soul\u00e8ve l\u2019homme, ce petit animal qui s\u2019\u00e9vanouit comme une fum\u00e9e\u00a0! <\/em>\u00c9rasme (<em>Complainte de la paix<\/em>, 1516)<\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">___<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Extrait d\u2019interview avec Bernard Le Magoarou, revue du Centre des Monuments Nationaux, #13, 2022 :<\/strong><br \/>\n<strong>Quelles sont vos sources d\u2019inspiration ?<\/strong><br \/>\n<em>Je dirais d\u2019abord la po\u00e9sie et la philosophie. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 sensible aux rapprochements entre les deux, de m\u00eame que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par des auteurs qui ont en commun une certaine philosophie de la condition humaine, comme Lucr\u00e8ce, H\u00f6lderlin, Novalis, Emily Dickinson, Edouard Glissant ou Virginia Woolf par exemples. Ensuite, quand on est artiste, la cr\u00e9ation est un labour quotidien, et l\u2019inspiration un \u00e9tat d\u2019\u00e9veil qui incite \u00e0 observer constamment. Toute chose peut \u00eatre la source ou le sujet d\u2019une \u0153uvre, les contemplations de la nature comme les irruptions du hasard. J\u2019\u00e9voquerais enfin l\u2019amour, source essentielle dans ma vie et force qui, comme le courant d\u2019un ruisseau, tourne les roues et abreuve les fleurs sur ses rives. Aimer \u00e9l\u00e8ve au-dessus d\u2019un r\u00e9el qui empi\u00e8te parfois sur l\u2019imaginaire.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Rapha\u00ebl Cuir, Laurent Pernot<\/em>, Monografik \u00e9ditions, 2010<br \/>\n<\/strong><span style=\"color: #333333;\">Nous sommes ici confront\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de nos petites destin\u00e9es, de nos petites \u00e9paisseurs d\u2019histoire qui font la grande et d\u00e9risoire aventure humaine face \u00e0 l\u2019\u00e9tendue du macrocosme : vertige des \u00e9chelles. <\/span><\/p>\n<p><strong><em>Laurent Pernot \u2013 Images du monde flottant<\/em>, par Pierre Naquin, Eeckman, juin 2024<\/strong><br \/>\nDe la po\u00e9sie faite pierre. Dans ses sculptures monumentales comme dans ses installations mixtes, Laurent Pernot a d\u00e9velopp\u00e9 un univers contemplatif, faisant fi des hi\u00e9rarchies de genres ou de formes. (\u2026) Il d\u00e9veloppe alors un r\u00e9pertoire polymorphe faisant appel \u00e0 la vid\u00e9o, \u00e0 l\u2019installation, \u00e0 la photographie, \u00e0 la lumi\u00e8re et \u00e0 la sculpture, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9criture. \u00ab\u2009L\u2019\u00e9criture a toujours \u00e9t\u00e9 au fondement de la conception de mes projets. Je me suis nourri de philosophie, de litt\u00e9rature et po\u00e9sie. Les mots et le langage ont pris de plus en plus de place dans mes cr\u00e9ations et j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 utiliser la mati\u00e8re textuelle comme une forme, comme une image. Avec plus d\u2019une trentaine d\u2019expositions personnelles \u00e0 son actif, il participe aussi \u00e0 de multiples expositions collectives dans des institutions culturelles telles que le Centre Pompidou, le Louvre Lens et le Palais de Tokyo, ou encore \u00e0 des foires, comme ART021 Shanghai ou r\u00e9cemment Art Paris. (\u2026) Parfois install\u00e9es en pleine nature ou se d\u00e9voilant de mani\u00e8re inattendue sur une fa\u00e7ade historique, les \u0153uvres de Laurent Pernot convoquent souvent notre rapport au temps, long comme fugace, et \u00e0 la m\u00e9moire. \u00ab\u2009J\u2019ai plut\u00f4t tendance \u00e0 \u00eatre sensible \u00e0 ce que j\u2019appellerais la m\u00e9lancolie, une forme de m\u00e9lancolie douce et joyeuse. Seul le rapport au pr\u00e9sent m\u2019int\u00e9resse, il ne s\u2019agit pas d\u2019une nostalgie tourn\u00e9e vers le pass\u00e9 (\u2026).<\/p>\n<p><strong><em>M\u00e9lancolie de la consolation<\/em>, par Aur\u00e9lie Barnier, Le Quotidien de l\u2019Art, 11 mai 2023<\/strong><br \/>\nPar un regard aussi lucide que tendre sur l\u2019existence et une attention port\u00e9e au sens des images-objets et des mots, comme aux contextes de cr\u00e9ation, aux mat\u00e9riaux et aux gestes, Laurent Pernot d\u00e9ploie une m\u00e9lancolie de la consolation, m\u00e9tamorphosant la d\u00e9faite en une f\u00eate.<br \/>\nLa question du temps incommensurable \u00e9coul\u00e9 depuis les origines de l\u2019univers intrigue l\u2019artiste d\u00e8s l\u2019enfance et irrigue continuellement son travail. Il y a dans ses \u0153uvres allant de la photographie \u00e0 la vid\u00e9o, de la sculpture \u00e0 l\u2019installation ou la peinture, un rapport multiple, \u00e0 la fois complexe et sans d\u00e9tour, \u00e0 la dur\u00e9e. (\u2026) M\u00e9moire, archive et trace sous-tendent la d\u00e9marche artistique de Laurent Pernot, s\u2019adonnant \u00e0 une lutte pugnace et d\u00e9licate contre l\u2019oubli, l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 de l\u2019instant, et tout de go pour le droit \u00e0 l\u2019oubli (au moins provisoire s\u2019il s\u2019agit de se mettre \u00e0 l\u2019abri) et la promesse d\u2019un avenir retrouv\u00e9. (\u2026).<br \/>\nEnfermer le monde dans un givre \u00e9ternel, en br\u00fbler la culture ou pointer sa d\u00e9cr\u00e9pitude, pourrait tendre au spectaculaire. Ces \u0153uvres sont au contraire r\u00e9alis\u00e9es avec douceur et compassion, guid\u00e9s par la rigueur de la pens\u00e9e.<br \/>\nDans ce travail d\u2019une lucidit\u00e9 per\u00e7ante sur l\u2019\u00e2pret\u00e9 de la condition humaine, mais cherchant avec une opini\u00e2tret\u00e9 lumineuse le pivot du possible renversement vers une forme de r\u00e9demption d\u00e9passant le stricte sens religieux \u2013 approch\u00e9 par l\u2019artiste dans l\u2019enfance puis admir\u00e9 dans l\u2019histoire de l\u2019art occidental \u2013 c\u2019est une transcendance ici-bas et universelle que l\u2019on d\u00e9couvre, offrant des formes tangibles \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance. On observe l\u2019in\u00e9luctable effritement des choses et, dans un m\u00eame mouvement r\u00e9flexif et visuel, la transformation de la mati\u00e8re, du vivant \u00e0 la mort et de la mort au vivant. Par cette affirmation d\u2019un cycle non plus infernal auquel il faudrait mettre fin comme dans le Bouddhisme, mais porteur d\u2019un futur \u00e9ventuel, d\u2019un horizon que l\u2019on peut apercevoir si l\u2019on s\u2019en donne la peine, L. Pernot ouvre le chemin d\u2019une m\u00e9lancolie de la consolation. La m\u00e9lancolie \u00e9tant pour lui une mani\u00e8re de convoquer la souffrance en la subsumant et d\u2019accepter ainsi le tragique de l\u2019\u00eatre.<br \/>\nPoint d\u2019emphase dans ce travail donc, toujours tenu par la gr\u00e2ce d\u00e9licate et m\u00e9dit\u00e9e du propos comme du faire, en d\u00e9pit de la contrainte des mat\u00e9riaux. (\u2026). Si la cendre est l\u2019ultime r\u00e9sidu de ce qui a \u00e9t\u00e9, le carbone qui la constitue \u00e9tant essentiel \u00e0 la formation du vivant, elle symbolise \u00e0 la fois la finitude et la promesse de vie, ce qui reste, et ce qui restera.<\/p>\n<p><strong><em>Le temps de la gr\u00e2ce<\/em>, par Arthur Dreyfus, ARTPASSIONS, n\u00b071, d\u00e9cembre 2022<\/strong><br \/>\nPeu d\u2019\u0153uvres convoquent si harmonieusement la t\u00eate et le c\u0153ur : face \u00e0 une installation de Laurent Pernot, s\u2019\u00e9panouit aussit\u00f4t un m\u00e9lange de tendresse et d\u2019impalpable m\u00e9lancolie. On y rencontre p\u00ealem\u00eale quantit\u00e9 d\u2019\u00e9toiles filantes, de voies lact\u00e9es, de bougies perp\u00e9tuelles, des po\u00e8mes en l\u00e9vitation, une ribambelle d\u2019enfants num\u00e9riques ou nacr\u00e9s, mille p\u00e9tales, sans omettre les cotillons d\u2019une f\u00eate r\u00e9volue \u2013 et d\u2019\u00e9tranges objets fig\u00e9s dans un givre immuable. Ces natures mortes jalonnent le parcours de l\u2019artiste : \u00ab \u00c7a a commenc\u00e9 avec une montre \u00e0 gousset qui ne fonctionnait plus, se souvient-il. Face au m\u00e9canisme arr\u00eat\u00e9, j\u2019ai song\u00e9 \u00e0 la glace, et j\u2019ai eu envie d\u2019associer l\u2019objet \u00e0 un geste sculptural. \u00bb Le plasticien assimile cette \u00e9piphanie au m\u00e9dium par excellence du pass\u00e9 cristallis\u00e9 : \u00ab Prendre une photo, c\u2019est bien s\u00fbr arr\u00eater le temps, qui va se perp\u00e9tuer \u00e0 travers une image. L\u2019expression papier glac\u00e9 me parle beaucoup. Il y a cette id\u00e9e d\u2019une chose immobilis\u00e9e, mais en m\u00eame temps immortalis\u00e9e. \u00bb (\u2026)<br \/>\nUn mot cependant n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 par Laurent Pernot : le temps. L\u2019atteste sa r\u00e9cente installation <em>Le temps de vivre<\/em>, qui pose cette locution a quelques encablures de Lausanne, sur la surface du lac de Malbuisson, plus vaste point d\u2019eau du Jura, et r\u00e9gion natale du plasticien, qui note : \u00ab J\u2019aime partir de l\u2019histoire d\u2019un lieu. Je suis remont\u00e9 jusqu\u2019au d\u00e9veloppement de la vie humaine autour de ce lac. Mais pour revenir \u00e0 la question du temps, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 cette pi\u00e8ce au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, quand beaucoup de citadins ont \u00e9prouv\u00e9 le besoin de r\u00e9investir une nature qui leur manquait\u2026 Et au-del\u00e0 du d\u00e9cor de la nature, sa temporalit\u00e9 si particuli\u00e8re. \u00bb<br \/>\nAlors soudain, la surface fluide o\u00f9 se posent ses mots, avec ses vacillations, ses jeux de reflets, mat\u00e9rialise la fragilit\u00e9 de l\u2019homme face a l\u2019irr\u00e9versible. C\u2019est l\u2019eau encore qui converse avec la sculpture d\u2019<em>Antino\u00fcs<\/em> r\u00e9v\u00e9l\u00e9e en 2021, au c\u0153ur de Paris. Pourquoi le choix de cet \u00e9ph\u00e8be, favori de l\u2019empereur Hadrien au IIe si\u00e8cle apr\u00e8s J.-C. ? \u00ab Dans l\u2019histoire, si l\u2019on \u00e9carte la religion, c\u2019est la seule figure qui incarne une sorte de dieu qui a vraiment exist\u00e9. \u00bb Pernot n\u2019ignore pas que son demi-dieu exprime un symbole d\u2019amour et de beaut\u00e9, mais ce qui le subjugue, \u00ab c\u2019est qu\u2019en sa l\u00e9gende, l\u2019un et l\u2019autre se confondent \u00bb. D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de m\u00ealer le visage mythifi\u00e9 \u00e0 un visage contemporain, comme si le passe pouvait refl\u00e9ter, dans ce qu\u2019il a de plus sacre, un fragment du sentiment pr\u00e9sent. L\u2019\u0153uvre devient plus poignante encore lorsqu\u2019on se rappelle qu\u2019Antino\u00fcs est mort noy\u00e9 dans le Nil, a vingt ans. (\u2026)<br \/>\nDe la nature \u00e9ph\u00e9m\u00e8re au portrait \u00e9ternel, \u00e9clot un ultime voyage : celui qui m\u00e8ne, comme dans l\u2019air de Fran\u00e7oise Hardy, au Temps de l\u2019amour. A bien y r\u00e9fl\u00e9chir, l\u2019amour s\u2019av\u00e8re le mot crucial du lexique pernotien. Il suffit pour s\u2019en rendre compte d\u2019observer l\u2019un de ses multiples <em>Kiss<\/em> : ces deux l\u00e8vres par exemple, se fr\u00f4lant dans le vide a la faveur d\u2019une chainette d\u2019or. \u00ab J\u2019ai souhait\u00e9 traduire le moment suspendu que constitue un baiser, explique le concepteur, mais aussi l\u2019illusoire fusion totale. La pi\u00e8ce tient sur un clou, les l\u00e8vres sont en pl\u00e2tre : \u00e0 tout instant, le lien le plus puissant peut chuter, se briser \u00bb. Le temps de l\u2019amour, c\u2019est long et c\u2019est court, entonne Fran\u00e7oise : comme dans <em>Vision<\/em>, ou la f\u00e9brilit\u00e9 d\u2019une flamme se mue en regard, ces l\u00e8vres s\u2019apparentent enfin \u00e0 des \u00e9clats de vies, dont ne subsisterait que la passion\u2026<br \/>\nCe chemin sensible m\u00e8ne vers la derni\u00e8re s\u00e9rie de l\u2019artiste, intitul\u00e9e <em>We are miserable, but love, suddenly, saves us<\/em>. La technicit\u00e9 rare des pi\u00e8ces expos\u00e9es \u2013 une alliance de marqueterie de roche et de bois peint \u2013 s\u2019y r\u00e9v\u00e8le en effet au service d\u2019un recueillement sur la nature profonde du d\u00e9sir et de la cr\u00e9ation. Leur auteur envisage chaque dessin tel un palimpseste, ou une relecture qui combinerait des images illustres de l\u2019histoire de l\u2019art \u2013 de Van Gogh pour les fleurs, aux esquisses japonaises et chinoises pour les montagnes. On est saisi par leur gr\u00e2ce. Mais chez Pernot resurgit inlassablement l\u2019id\u00e9e du temps : \u226a Mes marbres furent form\u00e9s dans les abysses de la terre il y a des millions d\u2019ann\u00e9es. Chaque tranche d\u00e9coup\u00e9e est la photographie min\u00e9rale d\u2019un secret du monde. \u00bb (\u2026)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 la photographie \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Paris VIII puis le cin\u00e9ma et la vid\u00e9o au Fresnoy studio national des arts contemporains \u00e0 Tourcoing, Laurent Pernot d\u00e9veloppe depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es une d\u00e9marche artistique qui m\u00eale l\u2019installation, la sculpture, la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9criture et plus r\u00e9cemment, la peinture. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 des sujets qui transcendent les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-220","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220"}],"version-history":[{"count":80,"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/220\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5900,"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/220\/revisions\/5900"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laurentpernot.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}