Installation vidéo interactive
Projection vidéo, 2 enceintes, écran altuglas L200 x H110 Cm suspendu, capteur de mouvements pyroélectrique, ordinateur et programme Isadora
Dans une ambiance nocturne, l’installation Chronorama se caractérise par une interactivité subtile. En l’absence de spectateur, la vidéo ne montre qu’une mer légèrement éclairée à l’horizon. Puis, lorsque quelqu’un s’approche, les rayons d’une lumière zénithale commencent à balayer la surface de l’eau, accompagnés, si le spectateur continue à se déplacer, d’un voilier blanc, presque translucide, tel un vaisseau fantôme. De ce processus se dégage une impression d’évanescence, démultipliée par le dédoublement de l’image qui, projetée sur un écran transparent, s’évanouit sur le mur de derrière. Et s’il n’y a plus de mouvement dans la salle, le bateau retourne au néant . En s’animant ainsi grâce au spectateur, l’œuvre fait référence au praxinoscope de Reynaud (breveté en 1877), appareil de projection inspiré de la lanterne magique qui fonctionnait grâce à une manivelle, c’est-à-dire grâce à l’intervention humaine. Le praxinoscope étant au départ un jouet, on rejoint le thème de l’enfance. Mais c’est surtout le phénomène de l’apparition qui est mis en relief par cette allusion aux origines du cinéma. (…) Le bateau fantôme est fragile par son évanescence qui le porte à la limite de l’hallucination, en même temps que, par le biais de l’interactivité, il manifeste une sorte de force immatérielle. En somme, (…) Chronorama est gouvernée par une dualité ténèbres/lumière qu’une présence humaine parvient à accorder. Mais (…) ici c’est le spectateur lui-même qui, en rencontrant l’œuvre, réveille un monde endormi.
Documentation vidéo