« Natures mortes », série de sculpture
Vases, fleurs en soie, neige et glace recomposées, vernis
Dimensions variables
Dans la série d’œuvres Natures mortes, on trouve des objets figés dans un givre apparent et qui ont une relation singulière au temps, à l’impermanence ou à la mémoire. Des horloges, des fleurs, des livres, des miroirs ou d’autres objets dont la vie ou l’usage sont révolus, apparaissent ainsi immuables.
Ces natures mortes jalonnent le parcours de l’artiste : « Ça a commencé avec une montre à gousset qui ne fonctionnait plus, se souvient-il. Face au mécanisme arrêté, j’ai songé à la glace, et j’ai eu envie d’associer l’objet à un geste sculptural. »
Le plasticien assimile cette épiphanie au médium par excellence du passé cristallisé, celui de sa formation d’origine : la photographie. « Prendre une photo, c’est bien sûr arrêter le temps, qui va se perpétuer à travers une image. L’expression papier glacé me parle beaucoup. Il y a cette idée d’une chose immobilisée, mais en même temps immortalisée. »
Si le titre de la série réfère dans l’histoire de l’art à un genre qui invite à méditer sur la mortalité, sur le temps et sur la beauté, les Natures mortes interrogent aussi notre relation à la nature, en résonnant avec les évolutions de l’environnement et du climat dans une époque où la neige et les glaces fondent en tous points de la planète. A la fois familières et énigmatiques, poétiques et mélancoliques, elles convoquent notre fragilité et la précarité des conditions de la vie.